Il fait gris...
Mais le gris n'est pas forcément triste.Tenez, prenez les tableaux de Vilhelm Hammershoi (1864-1916), peintre danois trop peu connu à mon goût. Bien qu'il utilise une palette réduite faisant la part belle aux tons sourds, ses tableaux ne parviennent pas à être austères même s'ils représentent pour la plupart l'intérieur extrêment dépouillé de la demeure du peintre où règne une lumière dans laquelle on verrait presque flotter des particules de poussière en suspension.
Vilhelm Hammershoi nous fait pénétrer dans son intimité, nous invite à le suivre.
On devine la vie, les déplacements à pas feutrés, on entend presque l'horloge qui rythme le temps.
Puis, on surprend une femme (la sienne) que l'on n'ose pas déranger.
On reste sur le pas de la porte à l'observer. Tout est calme, si calme...
Absorbée par ses tâches quotidiennes et toute à ses pensées, la femme s'anime, ignorant toujours notre présence.
Elle quitte la pièce, laissant pour seul indice de son passage, de sa présence fugace une chaise déplacée.
Tout est à nouveau calme, si calme; il ne nous reste plus qu'à nous retirer sur la pointe des pieds...














